De la déconnexion à la (re)connexion
#1 - Journal de bord d'une entrepreneuse en transition
15 Octobre 2025 : ce même jour, je décide de fermer ma société, reprendre le salariat, disparaître du monde numérique.
Une fulgurance de décisions sans préavis.
Un ras-le-bol comme on est des milliers à le vivre.
Du jour au lendemain : le vide.
Pourquoi je fais ce que je fais ?
Pourquoi je persévère là où je m’épuise ?
Dans un monde où l’on s’agite pour s’occuper, je crois que l’on cherche parfois à esquiver la vérité
Parce que si je m’arrête, il se passe quoi ? Quelles sont les questions qui surviennent que je redoute d’entendre ?
Je me suis lancée en 2023 comme indépendante pour valoriser les entrepreneur.e.s : sites web, photographie, community management.
Puis, début 2025, j’ai commencé à me perdre dans cette mission.
J’avais perdu ma vision.
Je me suis lassée de devoir constamment prouver, démontrer, attirer.
La photographie, elle, prenait chaque jour plus de place.
Avec une dimension plus artistique.
J’ai assisté aux transmissions de Jean-Christophe Béchet et Laura Bonnefous au Salon de la Photo. Et une phrase qui revenait en boucle :
“Je croyais savoir, mais en fait je ne sais rien.”
J’ai passé 48h en introspection pour arriver à la conclusion que je devais fermer mon entreprise et me réinventer.
Le biais des coûts irrécupérables : quand arrêter devient chaque jour plus difficile
Cela faisait plus de 2 ans que j’avais créé ma structure.
J’ai investi plusieurs milliers d’euros dans sa création, son développement et ses équipements.
Je me suis engagée émotionnellement et intellectuellement avec dévotion.
J’ai alloué une grande partie de mon temps à son développement.
Si je devais avoir des raisons,
Alors celles-ci étaient suffisantes pour ne pas arrêter.
Malgré le manque de sens et de rentabilité.
L’ampleur de l’investissement brouille souvent la clarté du discernement.
À rester dans ce projet pour “rentabiliser” ce que j’y avais mis, j’ai commencé à me perdre.
Le coût irrécupérable n’était plus financier ou émotionnel.
C’était identitaire.
J’avais passé toutes ces dernières années à me définir selon mes activités professionnelles. Et il était temps de transformer ces pensées.
Cette graine avait déjà commencé à pousser depuis cet été grâce à la vidéo inspirante de Renaud Miniaou.
Qui suis-je vraiment ?
En quoi ma valeur personnelle est indépendante de mon impact professionnel ?
Comment je me définis au-delà des étiquettes ?
Renouer avec sa singularité pour avancer
Alors j’ai entrepris de reconnecter avec tous mes apprentissages :
S’appuyer sur mes expériences de vie, mes écritures quotidiennes, mes séances de coaching, pour réaliser l’inventaire de mes forces.
Y associer mes explorations dans le test de personnalité DISC, le profil MBTI, l’Ikigai, le Human Design et l’astrologie.
Pour arriver à mon évidence :
Si je vis ce que je vis en tant qu’humaine.
Dans un monde qui compte 8 milliards de personnes, dont 320 millions de francophones.
Alors il est hautement probable que je ne sois pas la seule à vivre cela.
Hier, aujourd’hui ou demain.
Depuis aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours été celle qui prenait la parole en premier. Pas pour nourrir mon ego.
Mais pour ouvrir la voie à ceux qui n’osaient pas.
Je crois que dans tout ce que l’on vit, savoir que d’autres l’ont vécu et l’ont transcendé devient alors une source infinie d’inspiration et d’espoir.
Je n’aurai pas la prétention de dire que mon parcours est exceptionnel.
Et finalement, c’est peut-être cela l’inspiration accessible.
C’est croire que l’autre nous ressemble suffisamment pour qu’une part de nous s’identifie à ce qu’il/elle a dépassé.
En se disant que l’on peut à son tour y arriver.
Il n’y a pas d’espaces cloisonnés, mais un ensemble vivant où les priorités évoluent
Et c’est sûrement cette pensée qui m’a sauvée ces dernières semaines.
Je crois tellement que notre force réside dans notre honnêteté à s’écouter au-delà des influences extérieures et notre agilité à s’adapter.
Cette histoire m’a rappelé combien la transformation ne se vit pas l’immédiateté.
Rien de durable ne naît sans accepter d’abandonner une part du passé.
Cela demande de l’espace temporel, matériel, émotionnel.
→ Alors j’ai commencé par arrêter toutes les sollicitations et les espaces de comparaison (désinstaller Instagram/LinkedIn, ne pas répondre aux messages, m’isoler)
→ J’ai pris le temps d’écouter, soigner puis remercier chaque part de moi dont je n’ai plus besoin pour accueillir, et accepter de ne “rien faire” sans se juger (écrire quotidiennement, regarder la télé, geeker)
→ Je me suis reconnectée aux activités qui me procurent de la joie et j’en ai abusée (regarder des films de Noël, cuisiner (beaucoup))
→ J’ai demandé de l’aide à mes proches et me suis entourée de professionnels (soutien financier, soin de ma santé physique, émotionnelle et psychique)
→ Et je suis retournée dans l’action en triant une grande partie de mes affaires. J’ai candidaté tous les jours à des offres d’emploi, j’ai opté pour transformer ma société en micro-entreprise, j’ai profité de la nature charentaise, j’ai lu des biographies.
Les marais de l’Île de Ré - Octobre 2025
20 Novembre 2025
Alors, où en suis-je aujourd’hui ? Ai-je trouvé un emploi ? Ma nouvelle entreprise est-elle née ?
→ Rien n’a changé, tout est en cours et pourtant tout est différent.
Après des semaines d’errance, j’ai retrouvé foi en moi grâce à :
l’introspection
l’écoute de mes besoins
le passage à l’action
“ Vous ne saurez peut-être jamais quels sont les résultats de vos actions, mais si vous ne faites rien, il n’y aura pas de résultats. ” - Mahatma Gandhi
Ce n’est pas mon premier épisode de “perte de sens” et pourtant cette fois-ci la GRANDE différence a été de vivre différemment ces passages à l’action.
Je me suis longtemps sentie incapable.
Maintenant j’apprends tous les jours à faire de mon mieux.
C’est peut-être l’unique conseil que l’on devrait appliquer toute notre vie.
Je crois que, plus encore en situation de doute et de fragilité, il est CAPITAL d’éviter les grandes ambitions.
La culpabilité est un mauvais compagnon de route, mais les micro-succès deviennent de véritables alliés, nourrissant peu à peu confiance et estime de soi.
Et parfois à la clef il y a des répercussions que l’on n’aurait pas imaginées.
Cela faisait 6 semaines que je croyais ma créativité à l’arrêt, l’appareil photo bien rangé et les idées figées
J’ai porté la frustration de laisser une part de moi de côté.
En réalité, il lui manquait une raison de s’éveiller.
Après des années à chercher comment faire vivre cette newsletter, je crois que la flamme s’est rallumée.
Dorénavant transmettre ma vision du monde et partager mes expériences devient mon nouveau fil rouge : un espace teinté de confidences pour ouvrir à la réflexion.
Je garde bien entendu mon amour pour la photo, je vous raconte tout ça dans la prochaine édition. 👀
Merci de m’avoir lu jusqu’au bout ! Qu’avez-vous pensé de ce format ? 😁
Si cela vous a parlé, n’hésitez pas à mettre un ❤️, laisser un commentaire ou partager cette édition autour de vous.
À très vite !
📸 Camille


