Courir après le temps : ce que j'ai découvert en cherchant à en gagner
#Quand le temps cesse d'être une ressource pour redevenir un espace
Bienvenue dans cette nouvelle transmission À Contre-Jour !
Ces dernières semaines, vous avez été très nombreux/nombreuses à me rejoindre, alors un grand merci pour votre accueil ❤️.
Ce texte est une réflexion autour de notre rapport au temps et de cette envie d’être davantage présent au monde en prenant le temps de ralentir.
Une autre façon de voyager
Cela fait maintenant 2 mois que j’ai quitté la France pour rejoindre l’Océan Indien puis l’Asie avec mon compagnon pour un an.
Lorsque nous avons commencé ce projet, un tour du monde n’a jamais été envisagé. Nous sommes de ceux qui préfèrent s’imprégner d’une culture plutôt que de les additionner.
Alors, les voyages que la plupart font en une semaine, nous les faisons en trois. Et je ne pense sincèrement pas que ce soit une question de temps ou d’argent.
C’est avant tout une philosophie : celle de refuser de courir après le temps, les rendez-vous et les obligations, de ne pas chercher à être partout, à tout voir ou à tout vivre.
Ce choix de lenteur fait écho à des questions qui m’habitent depuis plusieurs années.
Pourquoi imposons-nous à nos vies un rythme effréné ? Qu’est-ce qui fait que nous soyons si nombreux à nous sentir débordé.e.s ? Peut-on encore redevenir maîtres de notre temps ?
Le manque de disponibilité temporelle et psychologique
En France, nous n’avons jamais eu autant de temps libre qu’à notre époque.
Et pourtant les burn-out et les dépressions n’ont cessé de se multiplier.
Ce serait une erreur de penser qu’il ne s’agit que de charge de travail.
La réalité, c’est que nos vies ne contiennent plus de répit. La sphère personnelle devient elle-même une ressource à optimiser et c’est toujours le temps qui sert de variable d’ajustement.
Alors les messages vocaux sont lus à vitesse accélérée. Nos réflexions sont déléguées aux intelligences artificielles. Chaque minute libre se transforme en créneau à combler.
Il y a dans les maux de la société moderne des exigences de performance et de résultat que l’humain n’est plus en capacité de supporter.
Les grandes entreprises l’ont d’ailleurs bien compris en contrôlant notre attention.
Il ne s’agit plus seulement d’occuper notre temps mais de saturer nos sens d’informations, avec en tête de liste : internet et les médias sociaux.
“Sous l’angle pathologique, le XXIe siècle commençant n’est d’ordre ni bactérien ni viral, mais neuronal.” - La société de la fatigue, Byung-Chul Han
Mais cette frénésie n’est pas qu’une question d’organisation ni de surstimulation des sens. C’est aussi une question de regard.
Dans mes voyages en Asie et en Afrique, j’ai rencontré des personnes capables de contempler les vagues pendant des heures. J’ai aussi vu des familles se réunir sur les plages pendant des week-ends entiers. J’ai observé des gens dans la rue, simplement posés à regarder les passants.
Alors pourquoi en Occident, courrons-nous après le temps ? Est-ce que notre rapport au temps serait différent si l’on remettait du sens dans son utilisation ?
Une question de temps... ou de sens ?
Ces dernières années j’ai lu de nombreux livres en lien avec le rapport au temps et à la productivité. Mon unique intention était de trouver comment optimiser mon temps.
Mais la vraie question n’était pas Comment optimiser mon temps mais Pourquoi optimiser mon temps ?
Tout d’un coup, la réflexion devient beaucoup plus personnelle voire philosophique.
Il n’est plus question de méthode ou d’organisation, mais du sens profond de nos actions.
Trishaw servant à transporter les personnes à Georgetown | Malaisie - Juin 2026
Je suis convaincue que ce qui nous fait courir après le temps, ce n’est pas seulement la pression extérieure. Beaucoup de personnes s’occupent frénétiquement pour éviter de se retrouver face à des questions qu’elles ne veulent pas envisager.
Moi aussi, j’ai rempli mon agenda pendant des années pour ne pas avoir à me demander si ma vie me convenait.
Il est parfois plus facile de dire que l’on manque de temps car c’est une justification socialement acceptable pour ne pas mettre en place les changements que l’on veut dans nos vies.
Dans cette réflexion personnelle qui m’a amenée à me demander Pourquoi optimiser mon temps, j’en suis arrivée à identifier 3 piliers :
Préserver ma santé mentale, physique et émotionnelle
Vivre des temps de déconnexion
Me relaxer et prendre soin de moi
Avoir l’espace pour accueillir mes émotions
Respecter mon rythme
Développer et exprimer ma créativité
Photographier le monde
Écrire, comprendre et transmettre
Lire et m’inspirer
Concevoir des projets professionnels qui me ressemblent
Vivre une vie riche de sens et d’expériences
Savourer les moments du quotidien
Découvrir de nouveaux lieux, cultures et façons de voir le monde
Construire des souvenirs
Être en lien avec la nature et l’humain
Avec en toile de fond, cette envie profonde d’être encore plus présente à ce que je vis.
Et c’est avec cette essence qu’est né Yutori Voyage
J’ai le sentiment que nous sommes de plus en plus nombreux à ressentir que le rythme auquel nous vivons n’est plus tenable. Et que la définition du luxe n’est plus celle de l’accumulation mais celle de l’équilibre de nos espaces mental, spatial, émotionnel, social et temporel.
En japonais, yutori désigne l’espace, la marge, le souffle. Mais plus largement, c’est l’art de créer de l’espace dans son temps, ses pensées et ses émotions afin de ralentir, retrouver l’équilibre et savourer pleinement l’instant présent.
Mariage au sanctuaire tokyoïte de Meiji-jingū | Japon - Juin 2023
Finalement le yutori, c’est bien plus qu’une façon de voyager, c’est une manière d’être au monde : celle où l’on ne cherche pas à tout voir, mais à vivre pleinement ce que l’on choisit de voir.
Avec Yutori Voyage, j'accompagne celles et ceux qui souhaitent vivre un premier voyage au Japon à la fois serein, fluide et profondément personnalisé. Pour découvrir cette approche, je vous invite à visiter le compte Instagram ou à répondre directement à cette newsletter. J’échangerai avec plaisir autour de votre futur voyage.





Merci beaucoup Séverine pour ton partage car je vois que l'on se rejoint sur nos points de vue. Tu connaissais déjà la philosophie Yutori ou pas du tout ?
Ce glissement : de comment à pourquoi, c'est là que tout change.
Pas seulement dans le rapport au temps, dans tous les endroits où on optimise sans jamais poser la vraie question.
J'observe ça souvent : on cherche d'abord la méthode. L'organisation, le système, l'outil. Et puis un jour, quelque chose résiste, et on réalise que ce n'est pas l'organisation qui coince. C'est qu'on ne sait plus ce qu'on fait de tout ce temps qu'on veut gagner.
Le concept de Yutori me touche pour ça. Pas comme philosophie du voyage, comme révélateur. Parce qu'on ne peut pas créer de l'espace dans sa vie si on ne sait pas ce qu'on est prêt à y poser.
La question du sens dépasse tout, je crois. C'est elle qui donne sa densité au temps qu'on choisit de ralentir.